lundi 29 septembre 2025

Partir

 

Partir, c’est s’alléger.

Se défaire du confort installé et douillet, de l’accumulation de la vie passée, de la bibliothèque immense et fournie, des héritages familiaux divers, des piles de linge bien repassé serrées dans les armoires, des centaines de photos collées dans les albums, des souvenirs d’enfance ─ des enfances ─ des services de vaisselle pour les jours normaux et les jours particuliers et du service à thé en porcelaine de la grand-mère, des vêtements pour parer à toutes les éventualités (le travail au jardin et les chantiers de peinture, les après-midis de plage et les sorties à la neige, les hivers pluvieux et les étés caniculaires), des documents qui retracent toutes les étapes de la vie (l’achat de la maison, les emprunts, les études, les diplômes, les emplois successifs, les dossiers d’examens médicaux…), des objets ramenés de voyage ou reçus en cadeaux, des meubles de famille dont la grande armoire en noyer ou le coffre de mariée, des cartons empilés au grenier et du bric-à-brac dans la grange, à côté des outils du jardin.

Partir, c’est réduire sa vie, soudainement, à un baluchon, une ou deux valises, au mieux quelques cartons.

Partir, c’est se détacher. Abandonner. Oublier. Se délester. 

Partir, c’est trahir, se trahir tout en se choisissant. Se choisir seul, presque nu pour passer à la suite. Pour accepter l’inconnu comme une nouvelle arrivée à la vie. Se dépouiller pour renaître. Renaître à soi. A un autre soi. Un nouveau soi que l’on ne connaît pas encore mais à qui l’on confie nos quelques trésors actuels en pariant sur l’avenir.

Partir, c’est faire table rase. Tabula rasa. D’un revers de manche, faire basculer son monde. Le renverser. Le mettre cul par-dessus tête. Brouiller les cartes et les redistribuer.

Partir, c’est se réinventer. Et réenchanter sa vie. Quand on s’est trouvé au pied du mur, au bout du chemin, sans espoir, dans la peine et l’adversité, dans l’empêchement de continuer à vivre, dans la nuit noire de l’âme.

Partir, c’est vivre.

vendredi 6 juin 2025

Bancs-Poèmes : Le Monde comme il va

 

En 2023, pour la première fois, j'ai participé à l'exposition collective des Bancs-Poèmes à Souvigny (03). Le collectif d'artistes 2A2B, installé dans le quartier du Chapeau Rouge, a créé ce concept depuis plusieurs années. Les artistes qui participent doivent réaliser un banc accompagné d'un poème. Au départ, ce n'était que des vrais bancs, faits pour s'asseoir, puis le projet a évolué et sont maintenant acceptés des créations en volume, même de petite taille. 

Donc, en 2023, j'ai exposé mon premier Banc-Poème, intituté "Un Instant pour soi". 




Un Instant pour soi


Un instant pour s’asseoir

S’arrêter au bord du monde

Ecouter ses palpitations

Et son cœur

 

Un instant pour se poser

Se reposer déposer son fardeau

Laisser les pensées s’envoler

Rêver imaginer

 

Un instant pour ouvrir un livre

Pour prendre un carnet

Lire écrire laisser la langue

Se déployer en soi, infuser


Dans les premiers mois de 2025, au milieu de ma traversée du désert, j'ai décidé de me fixer des projets et des challenges pour les mois à venir, pour m'obliger à me remettre dans le mouvement et dans la création. Je me suis donc inscrite à l'exposition des Bancs-Poèmes qui a lieu tous les deux ans pour juin 2025. 

Lorsque j'avais réalisé mon premier banc en 2023, j'avais pensé à un triptyque qui était pour le moment resté à l'état de notes dans mon cahier. Il s'agissait d'une variation sur les éléments : le végétal, le minéral, l'air, quelque chose autour de la circulation de l'énergie entre terre et ciel. 

Les délais étant courts entre mon inscription et la date de l'exposition, je m'étais dit que je ne réaliserais cette année que la 2e sculpture du triptyque et qu'il se finaliserait plus tard. Elle devait représenter une sorte de chaos minéral fait de blocs de pierres plus ou moins régulier et de coulées de laves solidifiées : un chaos primitif ou fin du monde. Ce volume était également rattaché pour moi à mes souvenirs d'enfant quand je jouais sur de gros blocs de pierre, au bord du bief du moulin où vivaient mes grand-parents. Selon les jeux, les blocs de pierre me servaient alors de table ou de banc, mobilier minéral, solide, essentiel, intemporel. Cette période de ma vie évoque pour moi un état primordial, une connexion directe et intuitive à la terre et aux éléments. 

En 2023, j'avais griffonné rapidement quelques croquis, mais j'avais gardé en mémoire les images que j'avais visualisées. Sauf que, entre l'idée de la création et la création elle-même, il y a parfois un gouffre... Le temps de remettre la main sur mes notes, enfouies depuis deux ans dans mes cahiers, de réfléchir à la faisabilité et à la réalisation du projet, les semaines sont passées et la sculpture n'a pas été facile à accoucher. 
Au fil du temps et, de mes tentatives de donner du sens à ce projet, mon état émotionnel, intérieur qui n'était pas au beau fixe, mais aussi la situation générale de notre société et de l'impression de fin de cycle ou de fin du monde dans laquelle nous barbotons depuis un certain temps, entraient en écho avec ma sculpture. Cette même sculpture, qui une fois produite, ne donnait pas ce que j'avais imaginé. Je la trouvais décevante, fade, trop facile, inexpressive, quelconque.... Ce chaos minéral ne tenait pas la route, ne faisait pas sens tout seul. Je l'ai retravaillé une fois, deux fois, trois fois, quatre fois... Et côté poème, c'était encore pire ! Je prenais des notes, je jetais des mots sur le papier de temps en temps mais rien ne se construisait, la mayonnaise ne prenait pas. J'étais inquiète, déprimée, stressée. Plus j'essayais, moins j'avançais et moins j'avançais, moins j'arrivais à me concentrer, à réfléchir et à débloquer la situation. 
Après plusieurs semaines, malgré le manque de temps, j'ai finalement décidé de réaliser également la sculpture N°3 pour mettre en perspective l'ensemble, donner du sens et intégrer la 2e, qui était plus faible, dans une logique plus large. Cela a encore pris du temps pour régler des questions techniques puisqu'il fallait que je réussisse à faire tenir en l'air un gros nuage de papier. Je pataugeais dans la semoule. L'écriture des poèmes n'avançait pas. J'avais dépassé les délais, j'étais en retard pour envoyer le descriptif des sculptures et des textes...  

Bon, finalement, après des semaines de tergiversations, d'essais, de blocages, de lamentations intérieures, de difficultés à me concentrer, à visualiser, à donner une orientation à mon projet, d'envie de tout laisser tomber et d'annuler ma participation (mais je déteste m'avouer vaincue), j'ai décidé, parce que je n'avais vraiment plus le temps et qu'il fallait prendre une décision, de prendre les grands moyens. J'ai trouvé dans mes textes déjà écrits un poème que j'ai un peu modifié et qui convenait pour la sculpture N°3. Et pour la 2e, tout compte fait, j'ai pensé que si le texte restait à l'état de bribes, c'était cohérent avec son sujet. J'ai donc repris mes notes, tapé les mots et les bouts de phrases, et au final, quelque chose s'est construit, qui dit la difficulté de ces derniers mois, ma confrontation à mon chaos intérieur autant qu'au marasme de notre monde actuel.  




Chaos volcanique

  Magma

Dedans dehors

En moi et hors de moi

Comme un chaos primitif

Ou définitif

Big bang volcanique

Les blocs s’empilent

Effondrement

Dislocation

Marasme

Interrogation incompréhension

Cécité

Vision bouchée occultée

Sommes-nous aux sources ou à la fin de toute vie ?

Oser approcher son côté sombre

Apprivoiser son ombre

Regarder l’informe en face

Son magma intérieur

La boue collante des rebuts de nos vies

Peurs et blessures

Dans mon dos une douleur comme un poing fermé

Une pierre sur le cœur

Le feu me consume

Poussière





Entre terre et ciel

 

Se balancer sur les ailes du vent

S’envoler dans les nuages

Rêver


Courir à en perdre haleine

Parcourir le monde à grandes enjambées

Vivre


Marcher à pas de géant

Comme sur des échasses au long cou

Voir


Rire à gorge déployée, comme un fou

En une cascade rafraîchissante

Respirer


Voir ce qui est en soi

Et au-delà

Sentir


Chanter à tue-tête et tutoyer les anges

Sauter dans la marelle du ciel

Aimer

 




mardi 3 juin 2025

J'ai traversé le désert

 

Les dernières années, les derniers mois n'ont pas été faciles. 

Pour de multiples raisons qui m'ont concernée directement ou ont concerné mes proches. 

J'ai opéré de profonds changements dans mon espace professionnel et mon espace personnel. J'ai trié 40 ans de vie familiale, coupé avec le passé, nettoyé les lignées et les relations... 

Puis j'ai traversé le désert. Un désert intérieur. Un désert social. Un désert artistique. Encore que, parfois, les larmes inondaient ce désert... 

J'ai passé des semaines, des mois sans pouvoir créer quoi que ce soit. 

Pendant cette période de changements et d'incertitude, j'ai réalisé quelques collages, de loin en loin : un exercice de visualisation et de recentrage pour essayer de percer le brouillard et me reconnecter à moi-même. Sentir où la vie m'emmenait. A quoi me raccrocher dans ce vide sidéral. 

janvier 2024 (avant les grands changements)

octobre 2024 (après les grands changements)

décembre 2024 (la traversée du désert)

juin 2025 (vers une nouvelle énergie ? )



Où trouver mes livres, cartes postales et créations ?

Un petit point pour savoir où retrouver mes livres, cartes postales et créations.

Dans l'Allier (03) :
- Atelier L'Arbre bleu à Taxat-Senat
- Galerie Arthouse à Chantelle
- Galerie de l'Oscambre, place de l'Oscambre à Chantelle
- Librairie "Le Livre à venir", place de l'Oscambre à Chantelle
- Boutique "Taille deux et demi", place de la Libération à Chantelle
- Offices et Maisons de Tourisme d'Ebreuil, Charroux, Chantelle, St Pourçain s/Sioule, Verneuil en Bourbonnais
- Point Info Tourisme à Bellenaves
- Maison de Tourisme de Montmarault
- Librairie Ray à St Pourçain s/Sioule
- Librairie Carnot à Vichy
- Librairie "Le Moulins aux lettres" à Moulins
- Librairie "Coïncidence" à Moulins

Dans le Puy-de-Dôme (63) :
- Librairie "Horizons" à Riom
- Librairie "Parenthèse Lecture" à Lezoux
- Librairie "La Linotte" à Courpière

En Vendée (85) :
- Librairie Arcadie à Luçon

En Charentes (17) :
- Librairie Gréfine à La Rochelle

Et en ligne :
- boutique Etsy

Vous pouvez également me contacter directement :
- via mon site blandinebrunet.fr
- sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Linkedin

Livres en T sur le Paysage : Prairie et Sous-Bois

Terminé !

Un duo de livres d'artiste en T qui attendaient la touche finale

(c'est à dire que je finalise enfin les textes que j'allais mettre à l'intérieur ! ) depuis 2023.

Ils portent sur le thème du paysage,

avec une version "Prairie" et une version "Sous-bois".

Eh ben, ça y est, c'est fait !















Prochaine édition de Pré-Textes


Depuis 2013, je participe aux projets

de rééditions de romanciers bourbonnais

avec l'association littéraire Pré-Textes

en réalisant les illustrations de couverture.







 




Le prochain est en préparation avec un roman inédit cette fois :
"L'Hôtel des quatre vents" d'Henri Laville.



Vous pouvez retrouver tous ces romans disponibles à la vente
sur le site de l'association et dans différents points de vente,
y compris dans mon atelier L'Arbre bleu à Taxat-Senat.

vendredi 14 février 2025

Salon de thé

 Un poème écrit dans le froid de l'hiver et la chaleur d'un salon de thé. 


Les gens entrent et sortent

Se lèvent et s’installent

S’habillent se déshabillent

Posent leur manteau

Sur le dossier de chaise

Parlent puis se lèvent

Parlent et partent

Ou arrivent en parlant

Parlent tout en partant

Les gens entrent et se lèvent

Poussent la porte

Et s’assoient

Parlent et parlent encore

Tout en buvant

Ils se réchauffent

De paroles de thé

D’être ensemble

Pour un moment

Puis se lèvent

Prennent leur manteau

Et s’habillent

Il fait froid dehors

Les gens entrent

Et puis sortent

mercredi 10 avril 2024

Livres d'artiste et poésie



Exposition en cours à la Médiathèque de Bellenaves (03), 
pendant le Printemps des Poètes, 
présentant mes livres d'artistes 
et des panneaux composés de poèmes 
habillées de collages de tissus et papiers. 










mercredi 10 août 2022

Blanc d'encre : Et le livre fût entre mes mains...

Le 3 août 2022, j'ai reçu mon nouveau livre : 

Blanc d'encre, enfin imprimé ! 

C'est toujours une émotion de découvrir son livre "pour de vrai", après l'avoir si longtemps préparé, porté en soi, imaginé, projeté, élaboré, corrigé, modifié, amélioré, vérifié dans ses moindres détails. C'est un peu comme faire un enfant. Certes, la gestation se passe un peu plus dans la tête et un peu moins dans le corps, et elle est plus contrôlée, mais le processus est assez proche. C'est une sorte d'enfant des idées auquel on donne naissance. Une part de soi que l'on sort de soi pour donner à voir au monde, pour lui donner une existence autonome.  C'est une sensation assez étrange en fait. 

Enfin bref ! Quand j'ai eu mon livre en mains, que j'en ai senti l'épaisseur, le poids, la texture du papier, que je l'ai ouvert, manipulé, que j'en ai tourné les pages, relu quelques textes, parcouru les images, observé le rendu de l'encre sur le papier, la densité du noir et les nuances de gris, la joie était là ! Et aussi, la gratitude, la fierté, le soulagement, la satisfaction. 

Il était tel que je l'avais pensé, voulu, imaginé. 

Et j'étais fière et heureuse de l'avoir enfin dans les mains, après ce long cheminement pour lui faire voir le jour. 

 




Pour en avoir une idée plus précise, petit retour sur les étapes d'un projet d'édition : "Blanc d'encre"

Janvier 2017 :
1 / Réalisation d'un livre d'artiste à partir d'une boîte en carton en forme de tiroir, toute blanche, et comportant des reliefs sur le dessus.

Production d'une série de peintures monochromes blanches avec des effets de matière. Ecriture, au dos des peintures, à la plume et à l'encre de Chine, de certains de mes poèmes, sélectionnés pour leur évocation du BLANC.
Cette association entre peinture en blanc et écriture en noir donne son titre au livre : Blanc d'encre. J'aime son contraste, mais je trouve également intéressant le parallèle entre ce titre et mon nom.

2/ Réalisation d'une maquette à partir de scans des peintures monochromes blanches (pas facile !) pour proposer le projet à un éditeur de livres d'artistes.


Mars 2017 : Envoi du projet à l'éditeur et réponse négative

2018 : Travail sur un autre projet de livre d'artiste en noir et blanc, autour de l'encre, du geste et de la linogravure. Ce travail d'estampe et de peinture donne naissance à un court poème intitulé "Devine".

Par ailleurs, je commence à réaliser des dessins et peintures en blanc sur papier noir dans un album carré de format 20 x 20 cm, sans objectif défini.

Je commence également à penser à éditer moi-même "Blanc d'encre" mais les monochromes blancs vont être difficiles à rendre à l'impression.

Janvier 2019 : J'envisage de faire un petit tirage de 50 exemplaires de "Devine". Je dois produire de nouvelles illustrations dans le même esprit pour obtenir le nombre de pages correspondant au découpage du poème.

2020 : Je termine mon album de peintures en blanc sur papier noir. Des peintures spontanées, des recherches graphiques, sur le geste et le contraste…

Janvier 2021 : Finalisation de la maquette pour l'impression de "Devine" mais les contraintes de pliage, d'impression et de collage de la couverture ne trouvent pas de résolution.

Mars 2021 : Scan des peintures en blanc sur papier noir et bouclage du chemin de fer de "Blanc d'encre" avec un choix de textes et d'illustrations.

2021 : Modifications successives du choix des poèmes et des illustrations et de leur ordre, ainsi que de l’organisation du recueil. Certains poèmes du départ, en lien avec la couleur blanche, sont abandonnés. Le poème « Devine » est intégré au projet, ainsi qu’une des illustrations du livre, qui donne naissance à la couverture du livre.

Printemps 2022 : Dernières modifications de l’organisation pour arrêter le nombre de pages intérieures à 70.

Juillet 2022 : Bouclage définitif de la maquette et envoi à l’impression.

3 Août 2022 : Réception des livres. 27 cartons de 18 exemplaires.






vendredi 21 janvier 2022

Nomades

 

Hier, j'étais en train de travailler sur un recueil de poèmes qui s'appellera "Nomades". 

Et puis, j'ai pris ma plume pour un exercice d'écriture automatique. J'ai écrit les mots qui me venaient, sans filtre, et voilà le résultat : 

Les nomades tissent leur ciel orangé aux coutures de l’extrême sensibilité, de la couverture verte et ondulée des collines chatoyantes, de l’abreuvoir doré des étoiles galopantes dans l’azur. Gens de peu de bien, de beaucoup d’épreuves, de malheurs assoiffés de haine, d’entraves au fer et d’entailles dans la chair.

Courir au ciel immense, partir sur les routes en longs fils métalliques qui serpentent les terres et les montagnes, chanter au firmament étoilé, danser en virevoltant les lucioles argentées, mourir enfin d’avoir aimé, bu, dansé, d’avoir joui, d’avoir vécu.

Justesse du cœur, implacable et dense, justesse des mots, maux dansants en arabesques, justesse des paroles évanouies dans la fumée du feu et les flammes violettes de la nuit.

Orange est l’avenir, bleu est le destin. L’œil aux aguets, ouvert sur la connaissance déverrouillée et totale, absente des calendriers échevelés, des consciences abruties et obsolètes.


lundi 15 novembre 2021

Etranges créatures


    En 2017, j'ai commencé une série de dessins sur des morceaux de papiers colorés, déchirés et collés. Au départ, c'était juste un exercice, comme ça, en passant, mais j'ai aimé le résultat produit, contrasté, la mise en couleur partielle et aléatoire qui crée un focus sur une partie du dessin et laisse le noir et blanc prendre sa place. J'ai trouvé que le résultat produit donnait une certaine force dans cette tension entre couleurs et noir et blanc. 

 


Depuis, j'en réalise régulièrement, souvent plusieurs à la suite... 
Le dessin qui naît sous le tracé au feutre prend corps petit à petit, sans idée préconçue. Je laisse ma main inventer, guidée par le morceau de papier collé, par ses couleurs, les formes qui s'organisent. J'essaie de les lire et d'y projeter quelque chose. J'aime la diversité des images qui en sortent. 








Parfois, d'étranges créatures apparaissent : des personnages laids, des sortes de poissons préhistoriques ou issus des abysses, des oiseaux ridicules ou effrayants... 





Plus le temps passe et plus la série s'étoffe. 
Ces derniers mois, je me disais que j'en ferai peut-être un livre, 
un d'album d'images, comme un voyage aux rencontres imprévisibles.